Gare au très mauvais goût, ou comment brader votre communication…

Je viens de découvrir, par l’intermédiaire d’un confrère graphiste, l’article d’un photo-journaliste canadien et trouvé bon de faire une petite piqûre de rappel sur le droit d’auteur et les images que l’on cueille sur le web, comme l’on cueille des cerises dans les arbres, au printemps…

Tiens d’ailleurs, c’est interdit de cueillir les cerises dans les arbres, même si elles sont très belles, là, devant nous… Elles appartiennent probablement à quelqu’un, non ?!

Le titre de l’article est le suivant : « 10 mauvaises bonnes raisons d’utiliser une photo trouvée sur Internet sans demander la permission au photographe » : http://www.francisvachon.com/blog/?p=3791 ; je vous invite à le lire, l’auteur résume parfaitement les fondamentaux.

Rappelons donc que Google indexe des millions d’images présentes sur les blogs, les sites, les annuaires lorsqu’elles sont bien référencées.

! Mais Google Images n’est pas une banque d’images. Google est un moteur de recherche qui va pointer les informations que vous recherchez. Ce sont des chemins, des liens qui vous permettent ensuite d’accéder à leur source.

La pratique actuelle du blogging permet de relayer des images et généralement, cela ne nuit pas à leurs auteurs tant qu’elles alimentent la notoriété ou la présence de ceux-ci sur le web. Cela permet une certaine publicité vertueuse pour l’artiste, le photographe, le créateur etc… Ceci-dit, même si cela est très peu pratiqué, il est important de citer les sources et l’auteur des visuels que vous trouvez jolis !

Ce qui fâche sur le fond, c’est l’utilisation à des fins commerciales des dites images. Et cette question est aussi transposable aux auteurs littéraires et aux articles et billets.

Dans l’absolu, tout ce qui se trouve sur un blog, un site… est la propriété de son auteur, aussi, même si un article de fond sur un sujet vous interpelle, vous pouvez vous en inspirer pour écrire le votre, mais jamais faire un rapide et spontané copier/coller pour vous l’approprier.

Intellectuellement, cette pratique reste très pauvre car vous n’aurez fait que gober et avaler le travail d’un autre sans apporter votre propre analyse et réflexion. À défaut d’éthique et de conscience, où se situe – au moins – votre plus-value ?

En approfondissant cette question, je note qu’il existe un risque bien plus grand encore que la simple utilisation d’une photo « ordinaire », outre toutes les conséquences juridiques de poursuites pour violation du droit d’auteur, c’est le mauvais goût, le très mauvais gout.

C’est ce qui vient de se produire récemment, à travers l’immense gaffe faite par les organisateurs du Festival de Jazz de Montreux.

Une photo du jeune Grégory Villemin (assassiné en 1984) a été utilisée – PAR MÉGARDE ! – sur l’affiche de l’événement. Le cliché situé à la dernière page du journal Montreux Jazz Chronicle, illustre une publicité pour la garderie d’enfants du-dit festival. C’est un internaute qui a relevé cette « bêtise », bêtise qui a immédiatement fait le tour du web. «C’est une erreur regrettable, dont on mesure la gravité», ont déclaré les organisateurs à l’AFP.

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Source : PHOTO/AFP FABRICE COFFRINI

Selon le porte-parole du festival, la « faute » incomberait à un stagiaire, graphiste non-expérimenté. Cherchant une photo d’enfant il aurait cherché « enfant » sur Google images et choisi celle du petit Grégory, sans savoir qui il était.

L’argument est non-recevable, on peut comprendre qu’une association d’agriculteurs puissent commettre des erreurs sur leurs prospectus, tant leur métier est éloigné de ce qu’il convient de faire, on ne peut accepter d’un festival de statut européen de confier la création de ses supports à un stagiaire d’été !

On en revient encore et encore à cette question de BRADER et d’utiliser de mauvaises ressources à moindres coûts.

Je terminerai ce billet d’humeur par un seul conseil : votre communication reflète votre image, ne la bradez pas. Confiez-la à des professionnels avertis afin de ne pas vous retrouver un jour dans une situation analogue… Car…

Le graphisme est un métier !

2 commentaires

  1. dufresne Ali sur 22 juillet 2013 à 7 h 46 min

    Merci pour cette piqure de rappel. Toute fois je m’interroge sur cette bourde monumentale. Les organisateur du festival on fait leur com en interne ou il son passé par un studio de communication ?

    Et si ils sont passé passé par un studio de com, ou était passé la chaine de vérification ? Parce que à mon sens on ne valide pas le travail d’un stagiaire sans vérification et là sa en dit long sur ce qu’est un véritable studio de communication.

    Et dans le cas ou la comme est faite en interne le raisonnement et le même. Et qu’est ce que sa veut dire c’est la faute du stagiaire ? Ou est le responsable de la com quel est sa compétence pour le poste qu’il occupe ?

    S’il n’en a pas alors ce n’est plus Brader, non là c’est Torpiller, Saccager …

    A+

    • Frédérique Game sur 22 juillet 2013 à 15 h 36 min

      Tout à fait. Et malheureusement, ce n’est pas propre juste au milieu des arts graphiques, de nombreuses sociétés tentent d’alléger leur masse de travail par l’utilisation de plus en plus massive de stagiaires et les écoles se régalent de pouvoir « vendre » des formations en entreprises… on assiste à un nivellement.

      En effet, c’est saccager et j’espère que cela servira de leçon pour le futur…
      Dans tous les cas, je n’hésiterai pas à en faire part à tout client qui souhaiterait faire vite et pas cher !!
      Car on ne cessera de le répéter, la communication est un vrai métier et elle obéit à des règles qu’on n’apprend pas seulement à l’école…

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