Pourquoi snobe-t-on nos graphistes ? Enfin, une question de fond !

Il est intéressant de constater que cette véritable question commence enfin à sortir des cartons depuis quelques temps. Enfin !

Merci à Xavier de Jarcy pour cet encart dans Télérama et merci à Vincent Perrottet.

Je profite de cette actualité pour manifester mon coup de gueule, partagé, je le sais, par nombreux autres professionnels.

Car on en a tous assez ! D’être pris pour des bricoleurs, des gamins de l’informatique, des geeks et j’en passe.

Je suis heureuse de voir que, grâce aux réseaux sociaux, la profession se réveille et grogne et cela commence à se voir et s’entendre.

Marre des annonces de stagiaires à peine formés auxquels on demande des compétences que nous acquérons en plusieurs années d’expérience. Marre de ces systèmes de crowdsourcing pour lesquels les sociétés mettent en concurrence des centaines de graphistes (sous forme de concours non rémunérés).

Marre des ces agences de com’ ultra-blindées qui ont oublié qu’il n’y a pas que les budgets dont il s’agit mais d’une véritable passion pour l’image et le contenu, ainsi que la qualité du message à faire passer. Les agences de com’, par le passé, s’occupaient de la publicité et pas forcément du print ou du web… Il y a un vrai débat sur la légitimité même des métiers de communicants et des professionnels des arts graphiques, au même titre que l’information ou les messages politiques (glissement vers la communication plutôt que l’information).

Alors merci à cet encart paru dans Télérama, on en souhaite de nouveaux !

Pour ma part, j’ai rarement vu un secteur dans lequel il faille autant éduquer nos clients. Quand je vais chez le coiffeur, je ne lui demande pas de m’expliquer sa technique de coupe ! Aujourd’hui, les clients sont tellement habitués à l’orgie d’images de toutes qualités confondues, qu’ils ne savent plus faire la différence entre des créations haute gamme et des pubs discount.
De plus, depuis la généralisation des outils de communication, les personnes se voient pousser des ailes créatives (ce qui n’est pas un mal, au contraire) mais depuis Word, tous écrivains, depuis Photoshop, tous graphistes, depuis Instagram, tous photographes etc…

Au temps de ma grand-mère, linotypiste de profession, un magazine ou un journal de presse ne se « composait » pas aussi facilement que sous Indesign.

Au temps de mon grand-oncle peintre-décorateur, les arts plastiques demandaient un investissement considérable en matériaux et fournitures etc…

Cette généralisation a permis une large confusion au sein des profanes qui voient parfois, dans un logo, un simple trait ou assemblage « qui vous a pris 5 minutes ».

Difficile d’expliquer ensuite que – non – créer un logo peut prendre 30 minutes mais souvent, pour qu’il soit efficace et esthétique, 10 à 15 ans d’expérience.

30 minutes et 15 ans de métier !

Ressources :

3 commentaires

  1. Idée Fixe Création graphique sur 30 juin 2013 à 9 h 51 min

    En corrélation avec l’article ci dessus, venez lire mon billet sur DMoz

    http://www.dmoz.fr/actualite/communication-destpepme-les-abus-de-la-creativite/

  2. Amandine sur 4 octobre 2013 à 12 h 26 min

    Bonjour Frédérique,

    Je fais un article sur le sujet. Peut-on en parler ensemble ?
    Merci !

  3. […] Voir également l’article que j’ai écrit sur ce sujet. […]

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